Présentation de l'Eglise Saint-Martial d'Orgnac-sur-Vézère

Voir ou télécharger ICI un document réalisé par Jean Pouget, Philippe Rousseau et Sylvain Collet

Avant-projet de restauration et de mise en valeur de l'église
établi pour la commune d'Orgnac-sur-Vézère en décembre 2016
par Luc Joudinaud, architecte et maître d'oeuvre (Cabinet La Gare Architectes)

Voir ou télécharger ICI le dossier (78 pages)

Programme de restauration et de mise en valeur intérieure
établi en mai 2009 par
le Conseil d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement (CAUE) de la Corrèze

Commune d'Orgnac-sur-Vézère

Eglise Saint-Martial

CONTEXTE DU PROJET :

Un programme de restauration des boiseries murales et du maître-autel a permis de mettre en évidence un ensemble de peintures murales sur le mur est du choeur. Il s'en est suivi le dégagement de la baie d'axe du choeur et la découverte de décors muraux sur ses ébrasements. Un projet de création d'un ouvrage d'occultation de cette baie avec la remise en place de l'autel contre le mur est du choeur sont envisagés. Le tabernacle serait replacé dans sa composition antérieure avec le retable (installé dans la nef).

La baie sud du choeur qui avait été créée en substitution de la baie d'axe, lors de l'installationdu retable et de l'autel, au 18e siècle sera conservée. Néanmoins, le niveau d'éclairement qu'elle procure pourra être atténué pour retrouver l'ambiance originelle apportée par la seule baie d'axe. Une proposition avec simulation du rendu doit-être envisagée.

Par ailleurs, l'édifice, dans son ensemble (église + sacristie), nécessite, notamment, des travaux de mise hors d'eau (restauration des toitures) et une mise aux normes de son installation électrique.

Une fiche, ci-jointe, d'avis sur travaux, a été établie, à titre indicatif, par le CAUE en mars 2007. Il est ici rappelé que les missions du CAUE ont pour seuls objectifs de conseiller et de guider le maître d’oeuvre sur des programmes de restauration et de mise en valeur
cohérents et indépendants de toute prise d’intérêt. Le CAUE intervient en amont de toute mission de maîtrise d’oeuvre et n’est pas habilité à assumer les missions qui entrent dans ce cadre juridique. Les rapports qu'il produit ne constituent en aucun cas des documents contractuels.

PROGRAMME D'INTERVENTIONS

Diagnostic général

La première étape de ce programme consistera en une étude de diagnostic général (sur les éléments de structure, d'étanchéité, de sécurité…), et sera établie pour l'édifice dans son ensemble et ses abords immédiats (gestion des eaux de ruissellements, drainage,
réseau électrique…). L'objectif de ce diagnostic est de permettre, en outre, de dresser la liste des priorités d'intervention à traiter pour la conservation de l'édifice dans son ensemble et un fonctionnement sécurisé.

Concernant la sécurité des personnes et des biens :

Par mesure de sécurité, et éviter tout accès non autorisé dans les combles, l'échelle en bois dans l'église doit être supprimée. Un verrou de sûreté trois points doit être posé à la porte extérieure de la sacristie après vérification de la solidité de celle-ci. Le autres portes également doivent être vérifiées et si nécessaire renforcées et équipées de verrous.

Toitures et couvertures :

Une restauration complète est à prévoir sur l'ensemble du bâtiment (y compris la sacristie).

Maçonnerie & structure du gros-oeuvre

Toute intervention nécessaire à la stabilisation des ouvrages et la sécurité du public est à entreprendre. Pause de jauges graduées, sondages divers... sont à prévoir préalablement.

L'ensemble des enduits intérieurs ayant été piochés et les éléments de structure laissés à vif, un projet de pose de badigeon à la chaux naturelle sera proposé en option (y compris protection du mobilier et divers ouvrages conservés en place lors du chantier).

Couvrements :

Le bâtiment ayant subi de profondes transformations au cours de son histoire, une restitution de l'état des couvrements de la nef (et du choeur), avant les travaux du 19ème siècle, pourrait-être entreprise. Il est fort probable que le couvrement de la nef (et du choeur) étaient constitués de lambris (peints ?) de planches posées sur les entraits des fermes de la charpente (entraits apparents) ou fixés par dessous (plafond lisse). Ce projet sera étudié en variante de la restauration du système actuel dans la mesure où sa réalisation serait plus économique que la restauration de l'existant.

Si des réparations ou traitements sont nécessaires sur les éléments anciens de charpente, pour leur conservation, ceux-ci seront le plus discrets possible, non destructifs et réversibles : les techniques de greffes par entourage de pièces neuves en remplacement de parties altérées sur les éléments sains conservés seront systématiquement privilégiées. Les procédés de renforcement par résine sont à exclure.

Pour toutes les solutions de structures proposées, il est impératif de prévoir un platelage pour la visite des combles (clocher, nef et choeur). Celui-ci sera fonctionnel (permettre à des techniciens de visiter toutes les parties à inspecter et permettre toutes interventions techniques) et posé en respectant l'intégrité des structures conservées de l'édifice. Une solution d'accès aux combles sera également proposée en substitution du système actuel (échelle en bois) non sécurisé.

Le concepteur devra faire des propositions en variantes suivant ces principes. Il pourra étudier une solution "économique" pour le couvrement de la nef avec un platelage ordinaire pour le plancher de visite du comble et une solution de type "plaques de plâtre peintes" pour la sous-face visible. Le couvrement du choeur sera marqué par un traitement plus raffiné.

Le choix entre une réalisation traditionnelle en planches de bois (chêne, châtaignier...) chaulées et brossées et une réalisation contemporaine n'est pas déterminé. Il est cependant demandé que les couvrements soient de tonalité claire pour ne pas trop assombrir l'ambiance de cet édifice naturellement peu éclairé.

L'intégration des éléments techniques (systèmes d'éclairage, de sonorisation et de ventilation) est à prévoir dans cette structure s'il y a lieu.

Réaménagement du mobilier

Le baptistère aménagé dans une niche du mur nord à l'entrée de la nef sera restauré :
restauration des décors peints, des vantaux en bois fermant la niche.

Les pierres entassées à l'entrée de la nef provenant de la démolition de la chaire en pierre initialement située dans le choeur devront être triées et mises en valeur à un endroit à définir à l'issu de l'identification des pierres.

Le bénitier de pierre sera replacé à l'entrée de la nef.

Le tabernacle, ses ailerons, le gradin les supportant seront replacés à la base des boiseries. Un devis (1) pour la réadaptation du support est à prévoir [(1) A l'entreprise Sezer qui a fait la restauration ou entreprise Férignac par exemple). L'autel en bois ISMH est à replacer aux pieds de la baie d'axe sur des patins isolants (feuilles de plomb par exemple et décaler du mur pour faciliter la ventilation).

Eclairage naturel :

La réouverture de la baie d'axe, suite à la découverte de peintures murales, a modifié considérablement l'aspect lumineux de l'édifice. La clôture provisoire en polycarbonate de la baie du choeur confère au choeur une clarté lumineuse qu'il est souhaitable de conserver. Toutefois la lumière venant de la baie sud du choeur est à atténuer.

Un projet pour l'ensemble des baies de l'église doit être envisagé afin de créer un "événement" artistique de qualité qui sera relayé plus facilement par des mécènes ou des financeurs (conseils général, régional, banques, fondation du patrimoine, concours du Pèlerin magazine "Patrimoine pour demain", …). Un appel à projet est à demander à des artistes.

Ce projet sur proposition d'esquisses préalables sera conduit en étroite collaboration avec la CAOA de la Corrèze. Un dispositif de ventilation sera intégré aux ouvrages. La dépose soigneuse, le stockage des vitraux existants est à prévoir. La commune doit prévoir un lieu de stockage sécurisé de ces éléments conservés.

Ventilation, isolation thermique :

Le taux d'humidité interne de l'édifice est important et contribue à la dégradation des éléments sensibles (plus particulièrement : décors muraux et mobilier) . Un système de ventilation mécanique à régulation pourra être étudier en tenant compte des contraintes conservatoires propres à ce bâtiment. Le matériel installé sera silencieux et invisible de l'extérieur des combles. Le taux d'humidité atmosphérique sera abaissé très progressivement et ensuite maintenu à un pourcentage relatif suffisant pour éviter toute dégradation du mobilier conservé dans l'église.

Afin de limiter les déperditions thermiques et les phénomènes de condensation sur le couvrement de la nef, les combles seront isolés. Le matériau isolant sera protégé de toute dégradation et tassement. Il sera réputé sain.

Electricité :

L'installation actuelle est à adapter en fonction des solutions proposées. Il est demandé d'éviter toute dégradation des ouvrages anciens quels qu'ils soient. Le tableau général électrique (commande des sonneries, systèmes d'éclairages, prises électriques) sera maintenu dans le sacristie.

Chauffage :

Le système actuel n'est plus aux normes et doit être supprimé et éventuellement remplacé. Un nouveau système de chauffage temporaire pourra être étudié. Il sera conçu de manière à procurer un confort suffisant pour le public lors des offices tout en n'ayant aucun effet destructeur (dessèchement, condensation...) sur le mobilier et les décors muraux. Son apparence sera la plus discrète possible. Il n'est pas prévu d'intervenir sur les sols.

Le chauffage par tapis chauffant nous paraît être la meilleure solution à ce point de vue. Deux rangées de tapis chauffants pourront être réparties de part et d'autre de l'allée centrale sous les rangées de sièges. La puissance du système d'alimentation électrique sera conçu en conséquence. Les éléments chauffants seront réputés d'entretien facile.

Eclairage artificiel :

Le système d'éclairage sera prévu pour trois usages complémentaires :

. un éclairage général dont l'intensité lumineuse sera maintenue à un niveau relatif à ce type d'édifice, en référence à l'éclairage traditionnel à la bougie. A ce titre, l'ancienne lustrerie est à restaurer.
. un éclairage pour les offices religieux
. un éclairage pour la mise en valeur des objets et du mobilier exposés. Cet éclairage sera temporisé avec une minuterie.
Les différents types d'éclairages proposés sont réputés correspondre aux normes agréées par les musées de France. Ils seront réglés dans le but d'une conservation optimale des objets présentés vis-à-vis des rayonnements UV induits.

Les appareillages pourront être intégrés dans le plafond. Leur entretien et réparation pourront se faire depuis les combles.

Sonorisation :

Un projet de sonorisation pourra être étudié. Tout comme pour l’électricité, l’installation sera à adapter en fonction des solutions proposées et il sera demandé d'éviter toute dégradation des ouvrages anciens quels qu'ils soient. Il faudra distinguer deux niveaux de sonorisation, le premier pour les offices et le second pour une diffusion d’ambiance.

Acoustique :

Si la solution architecturale proposée par le concepteur pour la réalisation de nouveaux couvrements était retenue, celle-ci devra également offrir un confort acoustique compatible avec les différents usages de l’édifice. Les solutions techniques retenues pour répondre aux exigences acoustiques devront être intégrées et ne devront pas se faire au détriment de l’esthétique du projet et de l’église dans son ensemble.

Constitution de l’équipe de maîtrise d’oeuvre :

Tous les membres de l’équipe de maîtrise d’oeuvre devront avoir des références d’interventions en patrimoine ancien et l’équipe devra être au moins constituée :

-d’un architecte, qui sera le mandataire de l’équipe,
-d’un ou de plusieurs bureaux d’études techniques complémentaires, ayant des compétences et références en structure, en électricité, en CVC sur des ouvrages similaires,
-d’un économiste de la construction ayant des compétences et références en bâtiments anciens similaires.

Réalisation du chantier

L’ensemble du mobilier (statues, tableaux, chaises, ...) devra être transféré dans un lieu proche appartenant à la commune assurant les meilleures conditions de conservation contre le vol les dégradations et proches des conditions climatiques de l’église. Au mieux, une opération de conservation-restauration serait à programmer en même temps pour les objets. Les autorisations requises pour les déplacements, restauration, ... sur les objets “monuments historiques” devront être accordées avant toute intervention.

Le projet d’intervention sur cet édifice devra être élaboré avec l’accord du clergé affectataire.

Fait à Tulle le 25 mai 2009

C.A.U.E. Corrèze
1 rue Félix Vidalin - 19000 TULLE
Courriel : caue.19@wanadoo.fr - Tél. 05 55 26 06 48 - Site : www.caue19.fr

et voir ou télécharger ICI le diagnostic et l'avis sur travaux du CAUE établi en mars 2007

 

Quelques photos fin 2010
Le retable et un autel placés latéralement face à face dans la nef

Le mur du choeur avec ses restes de peintures médiévales de part et d'autre de la baie réouverte

Le retable, séparé de son autel et d'où les deux bustes reliquaires et le tabernacle ont été détachés
L'autel et le tabernacle placés dans la chapelle nord,
Les deux bustes reliquaires fixés latéralement sur des appliques de part et d'autre du choeur
Les pierres du bénitier et du batistère, l'échelle d'accès aux combles et au clocher, le chauffage
La sacristie et son mobilier
la façade nord

les combles et la toiture

 

les portes du porche et de la sacristie
la Boite aux Lettres de La Poste sur le perron, à droite du porche !
 
 
Galerie de photos
au début du 20ème siècle
Le retable avec les statues et les bustes reliquaires de Saint-Etienne d'Aubazine et de Saint-Martial, le tabernacle et l'autel,
dans le choeur, avant leur restauration et leurs déplacements
au dessus de la porte de la sacristie, tableau de la Vierge, don de Madame Sirey du Buc (Comborn)

Tout autour de l'église
 
Le clocher-mur doublé d'un colombage en bois,
Les cloches : la plus petite baptisée en 1834 par Jean-Baptiste Salesse, curé d'Orgnac et la plus grande en l'an 2000 par Monseigneur Patrick Le Gal, évèque de Tulle
La baie du clocher-mur, le portail et la porte de la sacristie, en bois clouté et peint
 
les chapelles nord et sud formant un transept
 
Martine Rieg, restauratrice du retable

les restes de peintures médiévales dans le choeur
Médaillon de gauche montrant l'Annonciation avec la Vierge près de son pupitre
dans la partie haute des oiseaux picorant du raisin
le retable sur le coté nord de la nef
Le cadre du tableau est attribué aux frères Duhamel, maîtres sculpteurs à Tulle au XVIIème siècle
le tableau de la Cruxifixion commandé en 1678 par Catherine de Loubriac, vice-sénéchalle de Brive, à Antoine Cibille, peintre originaire de Darnets en Haute Corrèze
Détails du retable : une tête d'angelot et les statues de Saint-Etienne d'Aubazine et de Saint-Martial
le tabernacle du XVIIIème siècle et l'autel du tout début XIXème siècle placés dans la chapelle nord
les bustes reliquaires de Saint-Etienne d'Aubazine et de Saint-Martial ont été placés sur les murs latéraux du choeur
L'autel de la chapelle sud
avec un tableau de la Vierge couronnée veillant sur l'Enfant Jésus endormi, contemplé par sainte Catherine d'Alexandrie, huile sur toile, anonyme, fin XVIème-début XVIIème siècle
Dans le nef, l'autel dédié à Saint Jean l'Evangéliste
avec un grand tableau (3m x 2m), huile sur toile du XVIIIème siècle, anonyme. L'apôtre Saint Jean est assis à un pupitre dans un décor extérieur de forêt. A ses cotés se tient un aigle, l'attribut de l'Evangéliste.
 
1675 date probable où la chapelle sud a été greffée à la nef
le béniter prés de la porte latérale au sud,
la Piéta à coté du choeur, vers la chapelle nord
Relief sur le chevet de l'extérieur
Vue de la charpente
L'ancien vitrail de l'oculus
Les anciens vitraux qui sont conservés par la commune d'Orgnac